Perdre ses cheveux sans perdre son identité : une solution existe
Perdre ses cheveux, c’est souvent bien plus qu’un changement physique.
C’est une étape qui peut bousculer profondément l’image que l’on a de soi, le rapport au miroir et au regard des autres. Ça touche à notre identité.
Dans mon métier, j’accompagne régulièrement des personnes confrontées à cette réalité, notamment dans le cadre de maladies ou de traitements lourds. Et une question revient souvent, parfois sans être formulée : comment rester soi-même quand tout semble changer ?
Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’une démarche qui m’a profondément touchée et à laquelle je participe activement au salon de Vitré.

Les pas d’chichi : créer une prothèse capillaire avec ses propres cheveux
C’est sur Instagram que j’ai découvert l’univers de Les pas d’chichi et l’histoire de Stéphanie.
Ancienne coiffeuse, son projet est né d’une expérience très personnelle : à l’approche de ses 40 ans, elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein.
Confrontée à la perte de ses cheveux, elle décide de les couper et de créer elle-même une solution pour continuer à se reconnaître. C’est ainsi qu’est née sa première prothèse capillaire.
Elle propose désormais une approche humaine et profondément respectueuse de la personne. Et surtout, une idée qui m’a immédiatement parlé : permettre à chacun de conserver ses propres cheveux même après les avoir perdus.
Dans mon quotidien d’onco-socio coiffeuse, je suis très attentive à tout ce qui peut aider à préserver l’estime de soi, à accompagner en douceur les transformations.
Cette démarche s’inscrit parfaitement dans cette vision.
Le principe est à la fois simple et puissant.
Lorsqu’une personne sait qu’elle va perdre ses cheveux (ou qu’elle souhaite anticiper) il est possible de les couper et de les envoyer à Les pas d’chichi.
À partir de ces cheveux, Stéphanie réalise une prothèse capillaire partielle, sous forme de couronne, qui viendra ensuite être portée avec un turban.
Ici, on parle bien de prothèse capillaire, et non de “perruque” au sens classique du terme.
L’idée n’est pas de remplacer, mais de prolonger.
Ce sont vos cheveux. Votre matière. Votre identité.
Et ça change tout.
Pouvoir continuer à se voir avec ses propres cheveux, même transformés, permet souvent de garder un lien très fort avec soi-même.
C’est une continuité, là où tout pourrait sembler être une rupture.
“Je traverse quelque chose, mais je reste moi.”
Mon rôle dans cette démarche
Depuis que j’ai découvert cette initiative, j’ai naturellement souhaité y contribuer à mon échelle.
Concrètement, lorsque certaines clientes le souhaitent, je récupère leurs cheveux après une coupe.
Je les conserve soigneusement dans du papier de soie pour préserver leur qualité, puis je les envoie à la créatrice.
Je prends aussi le temps d’expliquer la démarche, de répondre aux questions, et d’accompagner celles et ceux qui envisagent cette possibilité.
C’est une façon, pour moi, de prolonger mon rôle : prendre soin, autrement.
Bien sûr, toutes les personnes n’ont pas toujours la possibilité d’envoyer suffisamment de cheveux. Dans ce cas, la créatrice peut compléter avec des cheveux issus de dons, que je vous permets également de faire au salon.
C’est là que chaque geste compte.
Ces dons permettent de rendre cette solution accessible au plus grand nombre, même lorsque la situation ne permet pas d’anticiper ou de conserver assez de matière. C’est une forme de solidarité discrète mais essentielle.

Vos cheveux ont une valeur bien au-delà de l’esthétique
Ce que je trouve particulièrement fort dans cette démarche, c’est qu’elle permet d’anticiper.
De ne pas subir entièrement.
De se dire : “Je peux agir. Je peux décider. Je peux me préparer.”
Et parfois, dans des moments où beaucoup de choses échappent, ce simple fait peut déjà changer énormément.
Que ce soit pour créer une prothèse à partir de ses propres cheveux, ou pour aider quelqu’un d’autre grâce à un don, je serai bien sûr là pour en parler avec vous au salon. Parce que parfois, prendre soin de soi commence simplement par rester soi-même.






